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V IENNE (Madeleine JOLY, femme), femme du précédent, tenait en 1779 -e spectacle des figures de cire de Curtius et était en même temps actrice du spectacle des Associés, dont son mari était directeur. Voici comment elle est dépeinte, en 1783, par l'auteur du Chroniqueur désœuvré : « Madame Vifage poffé-doit autrefois le plus charmant vifage du monde ; mais fés fré­quentes libations tant à Vénus qu'à Bacchus l'ont totalement per­due..... Madame Vifage joue les premiers rôles et n'a pas là
moindre idée de comédie, ne connoit nullement fa langue et eft prëfqùe toujours ivre à la fcène. »
(Le Chroniqueur désoeuvré', II, 86.)
V IEUXJOT, acteur forain, fils de Robert Vieuxjot, bou­langer à Paris, débuta en 1698 dans la troupe d'Alard, puis il entra chez la dame Baron. Marié à une fille de Restier père, qu'on appelait la petite Catin (diminutif de Catherine), dl reprit la profession paternelle, sans pourtant renoncer tout à fait "au théâtre qu'il ne quitta qu'en 1723. Vieuxjot avait un fils qu'il avait fait élever par Brilla, équilibriste célèbre et gendre de Res­tier comme lui; ce jeune homme, qui promettait de devenir un excellent sauteur, mourut pendant un voyage qu'il faisait avec son père en Italie. Vieuxjot père décéda peu après son fils.
(Archives det Comm., n° 2469. Mêmoires sur les' Spectacles de la Foire, I, 14. Dictionnaire des Théâtres, VI, ise.)
L'an 1713, le mercredi 23 août, de relevée, en l'hôtel de nous André Defacq, etc., eft comparue Élisabeth André, femme du lieur Hén'oc, chirur­gien, demeurant au faubourg St-Lazare, paroiue St-Laurent : Laquelle nous a rendu plainte contre le nommé Vieuxjau, danfeur de corde de la troupe de Ia veuve Baron, à la foire St-Lazare, et dit que ledit Vieuxjau feroit venu hier, fur les quatre heures du foir, dans la boutique d'elle plaignante pour fe faire rafer; que comme Ie garçon de boutique étoit occupé à d'autres et qu'il ne pouvoit pas le rafer fur-le-champ, ledit Vieuxjau en attendant feroit paffé dans une falle qui eft au fond de ladite boutique et feroit monté en une chambre où couche la fervante d'elle plaignante où icelle fervante étoit; qu'elle plaignante, étant affife fur la porte de fa boutique et ayant eu befoin